1/ Expédition : Sur les neiges de l’Oxus

 

 

 

 Membres de l’expédition

 
L’expédition sera composée de Nicolas NEY, photographe freelance dont les œuvres peuvent être vues sur www.laphotodusixiemejour.com .
Le second membre de l’expédition est  le lieutenant Jérôme BLACHE, officier dans l’armée de Terre et servant plus particulièrement au sein de la Légion étrangère.
Tous deux ont réalisé une traversée des alpes Juliennes (SLOVENIE) en autonomie en 2003 et ont réalisé de nombreuses courses en haute-montagne tant dans les Alpes du sud que dans les Pyrénées.

 

 Généralité

 
 Le Tadjikistan, officiellement « République du Tadjikistan » (en tadjik :  Ҷумҳурии Тоҷикистон ; Jumhurii Tojikiston), est un pays d’Asie centrale. Le Tadjikistan est délimité au nord par l’Ouzbékistan et le Kirghizstan, à l’est par la Chine, au sud par l’Afghanistan et à l’ouest par l’Ouzbékistan.

Superficie : 143 100 km².
Capitale : DOUCHANBÉ
Population : 6 015 000 habitants
Langue : tadjik et russe
Monnaie : le somoni (au taux officiel 1 somoni = 2,8 $ US en avril 2002)

 

 Concept et thème de l’expédition

 
 L’empire d’Alexandre le Grand a connu comme extrémité le fleuve Oxus (en grec : Ὦξος ; en persan : آمودریا ), nom antique de l’Amou-Daria, qui a l’essentiel de son bassin versant au Tadjikistan et qui est au cœur de cette expédition car c’est un des derniers fleuves à se situer, véritablement, sur les marges du monde…
Nous entendons mener une expédition légère, dans le style de celles menées par Eric SHIPTON dans les années 30. A cet effet et conformément à l’éthique que nous nous sommes fixés, nous ne passerons pas par une agence française ou locale pour organiser l’expédition, tant au regard de la logistique que des formalités administratives.
Cette expédition se déroulera entièrement au Tadjikistan et vise à réaliser l’ascension d’un sommet majeur de la chaîne du Pamir, le pic Karl MARX d’une altitude de 6723 m ou un sommet d’importance, soit au-delà de 6000 m, situé immédiatement à proximité.
Notre voyage ne s’entendra pas comme ayant des visées uniquement sportives. Nous souhaitons plus que tout autre chose nous confronter à la civilisation de l’orient et au peuple Tadjik. Pour cela nous entendons mettre à profit nos connaissances élémentaires en Farsi, compris par les persanophones et par nos notions en Russe, « lingua franca » de l’Asie centrale.

 

 Objectif principal

 
 Le Pic Karl MARX (tadjik : Қуллаи К. Маркс / persan : قلّهٔ کارل مارکس ) et le Pic Friedrich ENGELS  sont deux sommets de la chaîne du Pamir parmi les plus esthétiques qui soient. Séparés par un col qui commande l’accès au deux sommets, ils sont au cœur d’une région de neiges qui voient naître le fleuve Oxus.  

Notre objectif sera de réaliser l’ascension du Pic Karl MARX, d’une altitude de 6723 m selon les maigres cartes à notre disposition ou du Pic Friedrich ENGELS, d’une altitude de 6507 m d’altitude. De part le caractère résolument engagé de notre voyage nous entendons subsidiairement tenter un sommet d’importance, soit au-delà de 6000 m, situé dans la zone comprise entre la chaîne d’Alicur et le corridor du Wakhan.

 

 Itinéraire

 
 Nous entendons rejoindre à partir de Douchanbe, la capitale de la province du Gorno-Badakhchan (Вилояти Мухтори Кӯҳистони Бадахшон / Viloyati Mukhtori Kuhistoni Badakhshon), Khorog, par la route.  Dès lors que nous aurons atteint cette ville, nous suivrons la vallée du Pandj, principal contributeur de l’Amou-Daria, et nous longerons ainsi la frontière de l’Afghanistan en passant par les villages de Darshaj, Yamchun et Vrang. Après ce dernier village nous devrons quitter la route et nous irons directement au contact de la population pour louer les services de bêtes de bât. Ainsi nous serons au contact intime des habitants et nous commencerons à rejoindre l’itinéraire d’ascension.

 

 

 Présentation du pays et de sa population

 
 Les Tadjiks sont les descendants directs des peuplades iraniennes dont la présence continue en Asie centrale et dans le nord de l’Afghanistan est attestée depuis le milieu du premier millénaire. Les ancêtres des Tadjiks constituaient l’essentiel de l’ancienne population de Kharezm et du royaume de Bactriane, qui faisaient partie de la Transoxiane. Ces populations furent intégrées aux différents grands empires comme l’empire Parthe ou celui d’Alexandre le Grand.
La Transoxiane faisait partie elle-même de la Sogdiane, cette contrée était située entre les deux fleuves Iaxarte (le Syr-Daria) et Oxus (l’Amou-Daria). Cette région fit également partie intégrante des empires de Gengis Khan et de Tamerlan.
Jusqu’à la première moitié du 18ème siècle, les Tadjiks firent partie de l’émirat de Boukhara jusqu’à ce que les Afghans fissent la conquête des terres situées au sud et au sud-ouest de l’Amou-daria et des populations tadjikes qui y vivaient. Cela incluait la ville actuelle de Balkh (l’ancienne Bactriane), un ancien centre culturel tadjik.
La conquête russe dans les années 1860 et 1870 fit de l’émirat de Boukhara un protectorat russe alors que les populations des vallées de la Zeravchan et de Fergana passaient sous administration impériale.
En décembre 1929, le Tadjikistan devient officiellement une république fédérée de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).
La désintégration de l’Union soviétique en 1991 emmena les politiques locaux à déclarer l’indépendance du pays.

Le territoire du Tadjikistan est presque entièrement recouvert de montagnes, qui occupent 93% de la superficie totale. Plus de la moitié du pays se trouve au-dessus de 3 000 mètres d’altitude, dont la majorité est constituée par les hauts plateaux du Pamir au sud-est du pays. Les zones plus basses, autour de 300 m, sont limitées à la vallée de Fergana (vallée du Syr-Daria) à l’extrême nord du pays, et aux rives des affluents de l’Amou-Daria dans le sud-ouest de la république.
Le plateau d’altitude du Pamir fait partie du système montagneux Pamir-Alaï, en Asie centrale. La chaîne Transalaï fait également partie du système ainsi que la chaîne Pierre-Ier et la chaîne Akademii Nauk. Le Pamir a une altitude moyenne d’environ 4 000 m. Ses pics les plus élevés sont le pic Ismail Somoni (l’ancien pic du Communisme ; écrit en  tadjik : Қуллаи Исмоили Сомонӣ, Qullai Ismoili Somonī, 7 495 m) et le pic Lénine (7 134 m : en kirghize : Ленин Чокусу ; en russe : Пик Ленина ; en tadjik : қуллаи Ленин ; en persan : قلهٔ ابن سینا ). C’est une région désolée et habitée par des nomades qui l’appellent le «Toit du monde». Le Pamir est un trait d’union entre les chaînes du Tien Shan (en Chine), du Kunlun, du Karakorum et de l’Hindu Kush afghan.
Ces montagnes de type alpin constituent de véritables barrières au développement humain, le Pamir est très peu peuplé, les grandes agglomérations se retrouvant seulement dans l’ouest où les altitudes sont nettement plus basses.
Les villes et les villages se sont bâtis le long des vallées car elles demeurent encore aujourd’hui les seuls axes de pénétrations praticables. Ces montagnes sont le domaine des pâtures alpines, des lacs et des glaciers. Initiés par cette kyrielle de lacs et glaciers, les fleuves principaux du Tadjikistan sont :
- le Syr-Daria (le Jaxartes Ιαξάρτης  des anciens ; en tadjik : Сирдарё) qui traverse la vallée de Fergana ;
- le Zeravchan, situé au Nord-Ouest, issus de la chaîne du même nom, il alimente Samarkand et Boukhara au Turkménistan avant de se perdre dans la dépression Touranienne ;
- l’Amou-Daria (l’oxus : Ὦξος ; en persan : آمودریا ) qui, avec ses principaux affluents, le Kofarnihon, le Vakhch et le Panj (ou Pandj), s’écoule sur plus des trois quarts de cette république.

 

 

Philosophie du reportage

 
 Ce que nous entendons réaliser, c’est refléter, aux yeux de notre monde occidental civilisé, la part de vérité que possèdent ces endroits restés « Sur les marges du monde » ; ce que nous refléterons, c’est tout autant ce qui fait rêver tout un chacun lorsqu’il songe à ces contrées nécessairement mythiques mais aussi la réalité souvent difficile et parfois dure que représente la vie sur ces confins de la Terre…

 

 Moyens techniques et matériels

 
Difficultés attendues :
Il n’existe aucun Topo.
Il y a très peu de documentation sur le sommet.
Nous entendons réaliser l’ascension en technique semi-alpine en fonctionnant à partir d’un camp de base et un camp intermédiaire. L’itinéraire se situe en altitude sur un parcours glaciaire de plus de 2000m de dénivelé positif ; l’inclinaison maximale doit atteindre 70°. La difficulté d’ensemble attendue correspond à du D+ avec des passages plus engagés.


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